STORYTELLING

«  HISTOIRES DE FEMMES »
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Après avoir organisé l’exposition «Dans les coulisses des maisons de retraite », photos prises par des pensionnaires eux-mêmes, et « Roots / Racines » imaginée par une classe du lycée Descartes d’Antony, la Maison des Arts a donné la parole à notre association « Les Femmes Relais d’Antony » pour se raconter en photos par le procédé artistique du « storytelling », à la suite des deux artistes invités.



« Les Femmes Relais d’Antony » est une association de médiation sociale et culturelle, basée au CSC boulevard des Pyrénées. Elle œuvre depuis 25 ans auprès des familles du quartier Noyer Doré – Les Baconnets pour bien vivre la ville et s’adapter aux évolutions de la société.

Outre des entretiens individuels pour répondre aux difficultés de tous ordres, des activités sont proposées pour se rencontrer, comprendre, parler français, visiter, et…. s’exprimer !

C’est ainsi qu’une douzaine de femmes de l'Association ont accepté l’offre de la Maison des Arts de mettre en forme l’histoire de leur vie, de leur passion ou d’une parcelle de leur identité.

Si le résultat peut paraitre modeste, le projet lui était ambitieux car il s’agissait de convaincre un public extrêmement pudique de se dévoiler.

Certains clichés sous des allures insouciantes de photos de vacances ne masquent pas pour autant des réalités souvent difficiles.

Les séances d'atelier, animées par deux bénévoles, nous ont offert une confiance mutuelle, et ont donné lieu à des échanges enrichissants pour toutes.

Cette expérience correspond parfaitement au type d’actions créatrices de lien social qu’affectionne l’association.

STORYTELLING 2

 

AOUICHA : 

( Photo 1)

 « MON SALON  MAROCAIN   … »

Fabriqué au Maroc,

Transporté du Maroc.

J’ai testé plusieurs salons

Avant de trouver le bon ;

Espacé pour recevoir,

Même héberger pour un soir,

Pièce maitresse depuis l’enfance,

Tout y est reflets, lumière, brillance !

( Photo 2)

« C’est en FRANCE qu’il est mon salon MAROCAIN, car c’est en France que mes enfants sont nés, ont grandi, ont fait de brillantes études et sont installés.

Moi, maintenant, mon pays c’est ici. »

 

HAWA :     

« L’école tient un rôle essentiel pour les filles car l’éducation des enfants  

   passe par les femmes, aussi bien ici que là-bas.

   Voilà pourquoi je soutiens tous les projets qui vont dans ce sens. »

 

JIANRU :

« Je suis chinoise, je ne savais pas un mot de français. Pour vivre en France, je décide de suivre un cours de français, de participer à des activités, de contacter les gens pour apprendre à parler et écrire en français. »

SITI :               MA   RECETTE   COMORIENNE

 

WARDA : 

1- La « Constantinoise », brodée d’or (Fetla), est portée lors des cérémonies, notamment celle du henné qui a lieu deux jours avant le mariage.

                       2- La « betaya », robe habillée pour toute occasion.

                       3- Le caraco de la mariée, brodé de fil d’or.

                       4- La djellaba d’Oran, rehaussée de perles.

                        5- Le caftan ou sari rebrodé de perles porté lors des mariages.

                        6- Robe oranaise.

                        7- Robe oranaise avec appliqués et ceinture.

                        8- La mariée de Tlemcen avec sa « chedda »,

tenue traditionnelle algérienne.




STORYTELLING 3

CHAFIA :           

« On choisit pas sa famille » 

« Une mère autoritaire, un mari égoïste, un pays au régime implacable. Là-bas,

si tu divorces tu perds tout, même tes enfants. Alors je vis séparée de leur père, un

riche notable avare qui, avec son argent,  a détourné  de moi mes fils et mes filles.

Ca a été comme un coup de poignard dans le dos. » 

 

   HAFIDA :

« Depuis toujours j’aime marcher. D’abord, c’est bon pour la santé et puis ça

change les idées. De septembre jusqu’en juillet, j’arpente les rues, les allées :

une longue halte au marché d’où je reviens bien chargée. Puis les cours de

français qu’il ne faut pas louper. Hiver comme été, je me déplace à pied. »  

 

SOUAD :

( Texte commun aux 2 premières photos)

« Une Cosette de Casablanca »

 Enfance saccagée, mariage raté, mari cupide. Petits travaux de couture pour payer la traversée avec quatre enfants vers la France.

Hébergement dans un foyer à Bagneux en attendant de trouver emploi et logement.

 

(Texte légende de la 3ème photo)

Le sourire de la résilience, qui fait oublier les projets inachevés et les rêves interrompus de création. 

 

 



STORYTELLING 3

ROSE :

 

Fin du séjour, tout le monde est heureux mais un peu triste de quitter Combrit… A la gare, en attendant le train, d’un seul coup tout lui revient en mémoire…

 

« Ce fameux matin froid de janvier, tant de choses me trottaient dans la tête, je pensais que tout espoir avait disparu, je me demandais comment j’allais survivre dans un pays où je ne connaissais personne,  un pays dont j’ignorais tout.

J’étais belle, je souriais, mais au plus profond de moi-même, j’étais triste, je souffrais, j’étais seule et j’avais faim. Je me demandais comment j’allais survivre avec 30€ en poche, où j’allais m’allonger pour passer la nuit. J’avais peur de parler à quelqu’un à cause de la barrière de la langue. J’étais amère : j’allais être sans toit dans un pays dont je ne savais rien.

Mais un Ange, un Ange à forme humaine arriva pour me sauver. Un Ange qui m’emmena chez elle, un Ange qui me cuisina mon premier repas en France. Elle n’était pas riche mais avait un cœur en or. Elle m’enseigna tout ce dont j’avais besoin de savoir pour survivre dans un pays qui m’était totalement inconnu.

 Par ce froid matin de janvier, j’entrais dans une nouvelle vie. »




 

L’Association « Les Femmes Relais d’Antony » tient à remercier de leur participation

 

Les acteurs et scénaristes :

Aouicha, Chafia, Danielle, Elie-Nathan, Eros, Fadette, Hafida, Hawa, Jayden, Jianru, Paule-Line, Rose, Siti, Souad, Teddy et Warda

Leurs ami.es, fils, neveux … pour les photos,

Françoise Chapalain pour les récits,

Françoise Juvigny pour la mise en images.

 

Ainsi que le Centre Culturel et Artistique d'Antony pour son coup de pouce financier.