MEMOIRES DE CONFINEMENT

2020 est une année dont on se souviendra longtemps...
Afin de ne pas oublier et de partager nos expériences, une page pour vous exprimer


 

Notre chère Marie-Thérèse ouvre le bal et partage avec vous certains de ses beaux et émouvants écrits rédigés durant cette période de confinement .



LE TEMPS D’UNE CONFINEE 

Mercredi 22 AVRIL 2020, Antony

C’est une jolie date 22.04.2020, 4 fois 2 et au milieu le 4 ! J’aime les chiffres pairs.

Chaque jour , ouvrant mes volets, le clocher de Saint Saturnin s’inscrivait dans un ciel bleu, entouré du feuillage. Les arbres s’épanouissaient,  le printemps était  bien là. Les petites fleurs sauvages l’affirmaient,  colorant le  gazon.

Le printemps s’est installé au cœur de ce mois de mars 2020 . pourtant il ne me souvient que des jours gris dans ma tête, noires dans mon cœur, qu’il me fallait chasser. Je ne pensai plus : quoi faire, u’est-ce que je vais faire ? Mais, Anik :  comment es-tu ce matin ? as-tu dormi ? combien de litres d’oxygène ? Tant de questions sans réponse. Il me fallait attendre, dans la journée, peut-être, que Régis puisse me donner les réponses aux questions  que lui aussi aura posées .

Autour de nous les nouvelles ne sont pas rassurantes. J’écoute la radio, je regarde les interviews à la TV. Je guette un peu d’espoir : oui, on guérit du corona, oui en souffre, oui on en meurt. Mes pensées repartaient vers Vitry, la clinique Pasteur. Un jour, enfin, Anik a envoyé un selfie, portant son masque à oxygène. Oui, elle va tout faire pour guérir, vivre. Depuis, chaque jour passé est gagné petit à petit.

 

Chaque jour de confinée se déroule et … chaque matin si abondants sont les mots qui surgissent des  pensées de confinée  qu’il faut les saisir.

La notion de captive, bizarre : Je suis libre, chez moi, lieu que j’ai organisé ,meublé. Mes fenêtres s’ouvrent sur le clocher, le vieux poirier s’est couvert de fleurs blanches, plus tard,  le cerisier était tout rose. Dans un calme absolu de la Résidence. Les tourterelles, les mésanges, les rouge-gorges viennent picorer les graines d’avoine déposées, cui-cui des oiseaux . C’est le nouveau chant qui romp le silence, à mes oreilles surprises de tant de changement .

Mon dilemme est là : si je me relie aux nouvelles du monde, à la radio, à la TV, je vais taire les mots qui me viennent. Je comprends mieux la solitude de l’écrivain, de l’écrivaine, Il faut beaucoup de silence pour entendre ce qui vient du plus profond de nous, qui demande à être saisi, écrit juste au moment pensé . Plus tard, c’est la page blanche !



Le temps d’une confinée, bis

Quand après des semaines d’interdiction, nos portes s’ouvriront,

                                            Comment serons-nous ?

                                            Où irons-nous ?

                                            Où nos premiers pas libérés nous porteront-ils ?

Jusqu’à cette date de mai, on a ouvert nos portes, et nous devions sortir pour des raisons justifiées, les courses alimentaires, les visites autorisées.

En mai, je serai plus libre, mais … avec des consignes : le masque, les distances mesurées entre les personnes. Le maître-mot : « ne sortez de chez vous que si c’est nécessaire « Pas de réunions, les locaux associatifs fermés, théâtre et cinéma …. Ausssi.

La Liberté, notre liberté individuelle « en a pris un sacré coup ». Oui, c’est une restriction solidaire, on ne peut être que d’accord  et l’appliquer. Je me protège en restant chez moi = je protège les autres, les proches, les voisins.

                                            Quand ma porte s’ouvrira

quel chemin je prendrai, pour aller où ? Y faire quoi ?

J’aurai le choix de bien choisir.

 Responsable, la solidarité dirigera mes pas dans mon autonomie retrouvée.

Quand retrouverons-nous le temps d’avant ?


Le temps d’une confinée - ter

 

                              Je ne peux m’empêcher de danser.

Mais là, clouée j’étais pendant des jours.

                              J’ai dansé, le jour où j’ai entendu la voix d’Anik.

                              Les bras ouverts dans le vide, mais le cœur vers elle.

Je ne peux m’empêcher de danser dès que j’entends quelques notes de valse,

Je suis debout à peine consciente , et je tourne, le temps n’est plus le même.

Un tango, je chaloupe seule, le rythme m’emporte.

                             Qu’est-ce qui fait que la musique nous prend à bras le corps ?

Le rythme sans aucun doute , proche de notre pulsation .

La musique serait l’art premier pour nous humains.

Heureux, douloureux, maheureux ,

On tend l’oreille à quelques notes, même lointaines

Et tout notre corps en frémit.

On ne peut m’empêcher de danser !

                                                                          Et Vous ?